Le souci de la transmission

Installée à Monnaie, l’entreprise SFOP - Supra Technologies a récemment acquis la société montlouisienne de maintenance industrielle, 4MMGP. En plein développement, l’entreprise que dirige Thomas Drosten depuis trois ans, mise également sur la formation professionnelle pour faire perdurer les métiers et le savoir-faire de l’industrie mécanique.

Économie

Publié le mercredi 7 juin 2017

Voilà une entreprise qui symbolise bien le nouveau territoire Touraine-Est Vallées, ses forces vives et son potentiel de développement. L’an passé, SFOP – Supra Technologies, spécialisée dans la mécanique industrielle et basée à Monnaie depuis plusieurs décennies, a acquis la société 4 MMGP à Montlouis-sur-Loire (maintenance industrielle), en parfaite complémentarité avec son activité (mécanique).

L’entreprise compte désormais 61 salariés et son chiffre d’affaire progresse de manière spectaculaire, passé de 1,4 M€ en 2014 à 4 M€ en 2016 depuis son rachat par Thomas Drosten. Une progression que le dirigeant souhaite poursuivre, mais aussi maîtriser, en misant sur la formation, notamment.

« Nous rencontrons des difficultés à recruter des personnes qualifiées car certains métiers de l’industrie mécanique ne s’enseignent plus », explique cet Allemand natif de Mulheim, ville jumelée avec… Tours (c’est ainsi qu’il rencontrera sa femme tourangelle, alors en études à Duisbourg). « Nous devons donc anticiper, en constituant des doublons (jeunes et anciens) pendant un an, et en formant nous-mêmes. » Ainsi est né IPMI (Institut professionnel mécanique et industrie), une nouvelle entreprise qui va combler les besoins en formation interne, mais aussi ceux des clients et des fournisseurs de SFOP – Supra technologies, ravis de l’initiative.

« Nous embauchons donc deux formateurs expérimentés pour bénéficier de nouveaux ouvriers et techniciens qualifiés ; ce projet me tient vraiment à cœur », concède Thomas Drosten, qui poursuit : « La France ne manque ni de ressources, ni de talents. Dans notre secteur, il suffit simplement de proposer des formations adaptées à des personnes qui ont ce potentiel mécanique, avec des aptitudes mathématiques par exemple. Je sais combien il peut y avoir des erreurs d’aiguillage, d’orientation dans un parcours scolaire ou professionnel… »

Et pour cause, Thomas Drosten a commencé par l’équivalent d’un CAP en… chimie, avant d’obtenir un diplôme d’ingénieur, puis de découvrir la mécanique un peu par hasard, lorsqu’il cherchera du travail à son installation en France.

 

« Redonner ses lettres de noblesse à la mécanique et plus généralement à l’industrie. » 

 

Après quelques expériences en France et en Europe, il a décidé de poser pour de bon ses valises en Touraine. En 2014, après quatre ans de recherches, il saisit cette opportunité de reprise. « Je vis une expérience collective stimulante. Je sens que les équipes adhèrent aux projets de développement, à ces passations et à ces transmissions de savoir-faire. Je souhaite ici, à notre échelle, redonner ses lettres de noblesse à la mécanique et plus généralement à l’industrie. »

Parmi les autres objectifs de l’entreprise, à moyen terme, figure le développement de l’export (12 % aujourd’hui), avec notamment l’ouverture d’un bureau commercial… en Allemagne. « Nous avons plusieurs personnes parlant plusieurs langues dans l’entreprise, c’est une force », ajoute Thomas Drosten, également soucieux de la diversité de ses clients. « Nous en comptons 2000 actifs, partout en Europe et dans le monde, sauf en Amérique du Nord et en Asie, qui constituent deux marchés particuliers. Mais surtout, ils sont très divers (automobile, bâtiment…) : il est rare que tous les secteurs soient en crise en même temps, non ? »

Dynamique et clairvoyant, deux qualités que Thomas Drosten souhaite mettre à profit de son entreprise et de sa terre d’adoption.

Site de l’entreprise : www.sfop.fr